Grand Marché

1981 à 1987 - Saint-Denis

En 1981 le Théâtre Vollard découvrit le Grand Marché de Saint-Denis, où se trouve aujourd’hui le Centre Dramatique, un espace à demi occupé par des bazardiers et des buvettes. Et des clochards ! Nous répétions à 100 m dans une salle de l’ancienne mairie et cherchions un espace de jeu pour Marie-Dessembre. L’année suivante la municipalité nous céda un local attenant, ancien bureau de police pour y loger notre administration et ranger nos costumes. Le théâtre en bois occupa différents espaces, se glissant entre les colonnes en fontes et les étals de ciments. Avec Nina Ségamour, il se fixa dans l’allée centrale, où il y avait de la hauteur pour les projecteurs. Représentations bruyantes et joyeuses qui lancèrent la compagnie auprès d’un authentique public populaire. Avec une capacité de 200 places, on jouait des séries de 15.20 séances. Après une pause de quelques mois on les reprenait avec des améliorations et généralement l’édition du texte. Quand un spectacle avait du succès on invitait des programmateurs et des journalistes de métropole. Une politique scolaire active et systématique attira une génération de jeunes Dionysiens aujourd’hui public adulte.Un « Grand Marché du théâtre » rassembla en 1986 la totalité des compagnies réunionnaises. On y créa Marie-Dessembre (1981), Le Mariage de Mascarin (1981), Nina Ségamour (1982), Le Triomphe de l’amour (1983), Torouze (1984), Colandie (1985), Le Médecin Volant (1985), Tyé set (1986), Run Rock (1987).

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l’expulsion

En 1987, malgré la promesse formelle du maire Auguste legros, le théâtre en dur construit au grand marché pour héberger la compagnie est confié à d’autres. Une caballe a en effet réuni les troupes concurrentes, les artistes de droite, les milieux réactionnaire de l’île. La troupe s’insurge. Au terme d’un combat de plusieurs mois (pétitions, manifestations, campagne de presse, bagarre avec les nervis de la mairie) elle déménage en fanfare dans un cinéma de La Possession le "Cinérama". Le théâtre du grand marché prend alors le nom de "Fourcade", l’auteur de la chanson folklorique "P’tite fleur fannée", la direction est confiée à un professeur remplaçant d’espagnol dont la première manifestation culturelle sera un festival de la voyance ! Créé dans le scandale le théâtre Fourcade ne connaîtra pas la paix. En 1997 il héberge le Centre Dramatique Régional. Vollard en avait été l’initiateur et la préfiguration officielle au début des années quatrevingtdix. Nouvelle déception, le centre est confié à un métropolitain puis à un autre, sans lendemain. Aujourd’hui le lieu est toujours CDR, toujours en crise mais a repris son nom du temps de Vollard de "théâtre du Grand Marché".

Le Grand Marché du théâtre

Du 1er au 15 mars 1986 au Grand Marché, des spectacles, des débats, une conférence sur l’histoire du théâtre à la Réunion, avec 17 troupes, 100 comédiens locaux et 3 000 spectateurs. Des cartes jujubes, ananas et anajube pour payer moins cher et, après chaque prestation, un poseur de « questions dramatiques » qui mettait l’artiste sur le grill !

 
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