1988 - On occupe le CRAC !

Nous sortions d’une série de redoutables turbulences, l’expulsion du Grand Marché (avril 87), l’exil au Cinérama de La Possession (septembre 87), l’affaire Je vous Salue Marie (octobre 87). nous avions obtenu un engagement de diffusion pour la pièce Run Rock avec le CRAC (Centre Réunionnais d’Action Culturelle), la structure officielle de l’action culturelle à La Réunion. Son directeur M.Rémy ne nous était pas hostile, son bailleur de fonds le Conseil Général, présidé par Auguste Legros, oui, puisqu’il s’était compromis dans notre expulsion du Grand Marché. L’argument que "les communes ne voulaient pas de Vollard" sentait ou l’incompétence de l’office, ou une censure mal déguisée. Pris à la gorge nous avons voulu alerter l’opinion publique par un geste spectaculaire et militant : une occupation du hall d’entrée du théâtre de Champ Fleuri le 12 avril 1988 sous une banderole "Le théâtre est notre métier". Nous avons ensuite prolongé les représentations du Cinérama en invitant les spectateurs des communes concernées à se déplacer à La Possession. Décentraliser en centralisant, en quelque sorte…

Le Crac, l’ODC, Les théâtres Départementaux… Une même structure qui changera de nom, bras armé du ministère de la Culture puis des politiciens locaux. Il fut notre ennemi depuis le premier jour puisque son directeur Michel Letellier, membre d’un groupuscule royaliste, ne s’était pas gêné pour nous censurer et nous mettre des bâtons dans les roues au début des années 80 du temps d’Ubu Roi et Tempête. L’Office contrôlait le parc de projecteurs et le matériel scénique de l’île, les scènes prestigieuses, les budgets. Le personnel était grassement payé, sauf les acteurs qui restaient amateurs, avec tous les avantages des fonctionnaires locaux. Dans ses belles heures on assista à un "Trois Mousquetaires" sur le plateau de Saint Gilles avec comme figurants les parachutistes du 2è RPIMA.

Nous avons dû nous développer "à côté" sinon contre ce Bastion ultra de la culture française. Toutes les réformes échouèrent à le réformer : aujourd’hui encore c’est un outil au fonctionnement critiquable et conservateur. Et toujours au service de l’idéologie dominante et du pouvoir en place.

Beaucoup plus tard, en 2006, nous avons occupé, Jean-Luc Trulès et moi-même les locaux des affaires culturelles de Saint Denis. parce que, comme d’habitude, ils n’honoraient pas leurs engagements vis à vis de l’opéra Maraina. Jusqu’à l’arrivée du panier à salade et des caméras de télévision : là seulement ils voulurent bien nous parler.

articles de presse

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